Petit témoignage d’une personne souffrant du syndrome des jambes sans repos depuis l’âge de 20 ans, petit héritage de mon grand-père et de ma mère…
J’ai commencé par avoir des gênes au niveau des jambes, en voiture par exemple, lors des trajets assez longs, je devais m’arrêter régulièrement pour marcher, courir, faire des étirements, j’étais gênée aussi lors de mes endormissements.
Quelques années plus tard (à l’âge de 25 ans), lors de ma première grossesse, les symptômes ont empiré, je n’arrivais plus à rester assise longtemps, impossible de regarder la tv assise, d’aller au cinéma ou assister à une quelconque réunion… Après mes grossesses, les symptômes ont continué, moins fort quand même mais au fil des ans, ça s’est accentué.
Il y a deux ans (j’avais 36 ans), le bilan était désastreux. Je ne dormais presque plus, quelques minutes, par ci par là la nuit et il m’était impossible de me reposer la journée car dès que je m’allongeais, le besoin de bouger mes jambes étaient plus fort que tout. J’étais épuisée, stressée, au bout du rouleau.
En ce qui concerne les nuits avec mon ami, j’avais du investir dans 2 petits lits au lieu d’un avec deux couettes afin que mes nuits sportives de le dérange pas. Je me relevais constamment pour marcher devant la tv dans le salon afin de ne pas le réveiller… C’était très dur…
Concernant ma vie sociale, alors que je n’avais parlé de mon syndrome à personne, je n’en voyais pas l’utilité, j’ai du informer tout le monde du pourquoi de mes mouvements intempestifs en réunion, expliquer que j’aurai certainement besoin de me lever, de marcher…
C’est en décrivant mon symptome une fois à quelqu’un que cette personne m’a parlé d’un article paru dans la presse sur l’afjsr. Je suis allée sur le site et appris qu’un traitement existait !!! Je n’en croyais pas mes yeux, j’avais vu souffrir mon grand-père jusqu’à son dernier souffle et un traitement existait !!!
Après un rdv chez un neurologue qui a confirmé mon symptôme, après des analyses de sang qui ont confirmé que c’était bien héréditaire, on m’a prescrit du Siffrol.
Cela fait maintenant deux ans que je revis. Je gère ma prise de médicament, je l’adapte à mes besoins, je fais des nuits COMPLETES !!! Ca a été vraiment comme une renaissance pour moi.
Évidemment, je ne suis pas guérie, loin de là ! J’ai des journées très actives, donc pas de problème mais c’est plus compliqué quand je dois assister à des réunions, faire un trajet de plus de 10 mn en voiture ou aller au cinéma car il faut que je prenne mon siffrol au moins une heure avant. Après, il faut que je gère la fatigue que ce médicament engendre mais quel bonheur !!!
Pour rien au monde je ne voudrai revenir en arrière.
Il faut avoir cette maladie pour comprendre à quel point ce médicament nous est nécessaire pour vivre normalement, pour avoir une vie sociale, pour travailler et la base de tout, pour DORMIR !
Je sais que ce médicament n’est pas anodin, les neurologues m’ont bien expliqué, je sais qu’il engendre une dépendance (j’en ai fait les frais lors d’un oubli) mais je n’envisagerai pas de m’en passer, il m’est trop nécessaire.
J’espère que mon témoignage sera vous faire comprendre à quel point ce médicament est important pour nous, alors, pitié, permettez à tout le monde de pouvoir continuer à prendre ce traitement !
Anne J.